Une nouvelle passerelle piétonne pour la Rivière Chassé
Au cœur de la Ville de Ste-Marie, la rivière Chassé sépare un secteur résidentiel au nord des infrastructures institutionnelles, scolaires et sportives au sud. Sans lien piétonnier direct, les résidents devaient contourner. La nouvelle passerelle crée cette connexion dans un site qui impose ses contraintes : une topographie en forte pente, un milieu humide, des sentiers de vélo de montagne existants à intégrer. L’ambition du programme dépasse la seule traversée. Il comprend une rampe accessible conforme aux exigences de mobilité réduite, un réseau de sentiers avec escaliers, deux belvédères, une aire de repos et de stationnement et un parcours d’affichage en bordure du terrain scolaire.
Un matériau vivant
La réponse architecturale tient dans un matériau et un parti pris. L’acier Corten donne son identité à l’ouvrage : il habille les garde-corps, prolongé par une structure porteuse et des mains courantes en acier. Ce choix ancre l’ouvrage dans son environnement boisé et maintient une cohérence formelle entre les différents éléments. Matériau vivant, le Corten se transforme au fil du temps : exposé à l’air et à la pluie, il se couvre d’une patine qui le protège et dont la teinte, des cuivres aux bruns sombres, raconte l’histoire du lieu et de son climat. La rampe d’accès est traitée comme un objet sculptural, avec des bacs de plantation intégrés à même la structure et des paliers offrant des points de vue successifs sur le paysage. Les panneaux perforés de la passerelle maintiennent le contact visuel avec la rivière tout en assurant la sécurité des usagers.
Un parcours nature pour le quartier
Ici, le projet s’est construit autour d’un usage réel et quotidien, les élèves qui traversent, les cyclistes qui empruntent les sentiers et les familles du quartier qui se promènent. Les belvédères signalent des points d’arrêt intentionnels dans un parcours conçu pour ralentir le regard. L’intégration de supports d’exposition modulaires en Corten perforé donne à la ville un outil évolutif pour animer ce corridor. Le projet pose ainsi les fondations d’un espace public qui appartient au territoire autant qu’à ses usagers.

